Si vous le souhaitez,tout en lisant mon texte , vous pouvez écouter la mélodie qui m'a inspirée
"The Tearjerker Returns" de Chilly Gonzales

On déciderait de partir à la dernière minute, une fois de plus...
J'aurais juste eu le temps de considérer quelques courbes et chemins la loupe sur nos parchemins modernes
J'aurais arrêté mon choix "Là....allons...et nous verrons"
J'espèrerais si fort: le bleu vert méditerranéen, la plage délaissée, le point de vue culminant, le vertige envoûtant
Je sentirais si puissamment mon coeur encore enfant bondir d'une impatience de gourmet contemplatif
Je me retiendrais de laisser mes rêveries m'emporter "Ne pas trop imaginer, ne pas trop vouloir, ne pas fantasmer la Vie...et si j'étais déçue?"

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Et le Bleu et le Vert éclatèrent dans mon iris.
Ni la rêverie, ni l'attente ne moisissent en regrets
Jamais
Pas cette fois
Et qu'importe si ce jour arrive
J'aurais au moins connu les délices de l'espérance et la démangeaison de l'envie sur la peau de mon âme

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Plutôt la déception que de n'avoir jamais rien ressenti ! le Crédo de mon enfance et d'aujourd'hui...

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J'aperçus ces voiles pures 
Elles glissaient sur l'eau mythique
Je fermai les paupières
Où étais-je ?Ici ou là-bas ?
Je l'ignore et la magie opéra
Des bribes de ma conscience entamèrent le chant lyrique
de mes réminiscences

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Genêts, valérianes, oliviers
Otage enchantée, j'étais cernée par la Méditerranée
Magicienne,  répandait l'hymne de son pouvoir grandiose,
d'un revers de sa main,sur toute chose
La Grande Bleue, sirène à la scène d'ocre et de turquoise
Diva sans révérence au spectacle infini 
Que les hommes charmés par sa voix de colorature
Ont toujours écouté, de force ou de gré, fascinés, depuis leur premier cri
jusqu'au déni de leur propre nature

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Mes paupières encore closes
J'entendais les carillons des mâts
Musique de l'homme enclose
Je sentais mon sang battre dans mes tempes
Et sous mes pieds et contre mes hanches tanguaient
Les vagues mousseuses d'écume blanche
Un virtuose, imprimait sur ma peau le rythme de leau et des embruns
Le mistral,me berçait d'illusions
Ce n'était que lui, génie aux mains calcinées
et moi, bourgeon de féminité 
Petite fille encore encoquillée dans sa nacre de sagesse
Je m'étais laissée délicieusement berner
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Où étais-je ? Ici ou là-bas ?
Je l'ignore...
Parfois la réalité n'est pas ce que l'on croit

 

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J'étais seule face à l'azur infini
Au-dessus des vagues menteuses
Et le monde magicien nitescent
me soufflait des vérités à l'oreille
Je lui tournai le dos
Pas maintenant !

 

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C'est alors que sa voix m'est parvenue
L'évidence du lointain vers maintenant
"Ce ne sont pas les lieux qui comptent, mais les gens"
Le phrasé murmuré d'une nuit
Un soir au creux du lit et des rêves
Je m'étais réveillée en sueur et battements de coeur
Mots de l'outre-tombe devenus compagnons du jour et de la nuit
halo de lumière à emporter au fond de moi, sans bruit
Ici, au bord d'une mer millénaire
Ailleurs au bord d'une mère éternelle
Partout, dans un recoin d'une poche à souvenirs

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C'est étrange comme les images et les mélodies vous happent
Elles ont ce pouvoir d'ouvrir de vieilles trappes
Celles que l'on pense, comme un duvet de plumes blanches, soigneusement scellées
Affaires classées

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Comment ces paysages si distants de mes vertes prairies
Graminées folles qui m'ont nourrie
Me ramènent-ils à ces journées pascales d'une autre ère ?

Il y avait des jardins, des fleurs, et l'odeur de l'encens
La cire odorante qui brûlait mes paumes d'enfant
Il y avait un autel, du silence  et des parents
Une foi léguée mais plus qu'en l'invisible Infini,
j'avais foi dans l'infime et le tout petit

Ces instants de joie que j'avais appris à dérober
Moi la gambadeuse et audacieuse Promethée
Cueillette de fleurs de printemps
Cueillette de rêves entêtés
Promethée. Est-ce aujourd'hui le prix à payer ?
Où est-Elle et Où allons-nous ?

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Croyez-moi...le passé n'est jamais loin
Rien ne meurt jamais, ni les moments vécus, ni personne
Et si je ferme les paupières sur mes pupilles déjà fatiguées,
Il me semble sentir l'herbe humide sous mes pieds en même temps que l'iode à mon nez
Le parfum du thym et celui du foin à peine coupé
Et si je ferme les paupières sur mes iris salés,
Il me semble voir se superposer l'image de ce monde immémorial et la silhouette d'une très vieille femme
Il me semble observer le souvenir fondu et enchaîné d'une enfance dans les forêts à être tellement, mais tellement aimée !
Et le souvenir glisse sur les vagues de la Méditerranée qu'elle n'aura jamais connue
J'ouvre les yeux...face à nous l'immensité de l'azur
Elle me sourit, radieuse et le mistral m'apporte une question en bourrasque:
"C'est donc là ton deuxième paradis?"